
A Abidjan, majoritairement musulmanes, toutes analphabètes, les gos vendent leur corps dans l’espoir d’avoir un peu d’autonomie. Très jeunes, elles fuient les violences familiales pour rejoindre un ghetto. Bijou, Blancho, Chata, Mahi… sont à la rue dans des recoins «appropriés». Le temps, façonné par l’attente et la vacuité, laisse émerger l’intimité sans un mot ou presque. Soudain l’apesanteur est bousculée par l’arrivée d’un projet social. Les filles, qui se connaissent par le ghetto où elles se vendent, acceptent de changer leur destin en entrant à la Casa. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les gos commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école; comme elles au même âge. Sans doute suivront elles le même chemin. Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?

Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète, mais au sous-sol extrêmement riche.Sa lutte incessante, pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables, dérange.Il est l’objet d’une nouvelle tentative d’assassinat, à laquelle il échappe miraculeusement. Menacé de mort, ce médecin au destin exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans son hôpital de Bukavu, sous la protection des Casques bleus. Mais il n’est plus seul à lutter. A ses côtés, ces femmes auxquelles il a rendu leur intégrité physique et leur dignité, devenues grâce à lui de véritables activistes de la paix, assoiffées de justice.

Au cœur d’une famille rom en pleine désintégration, émerge la figure de Totonel, 10 ans, dit Toto. Avec passion il apprend à lire, écrire et danser. Surtout danser et gagner le grand concours de Hip Hop. Au milieu du chaos ambiant, ses deux sœurs, essayent de maintenir le mince équilibre de la famille. Le récit cinématographique d’Alexander Nanau enregistre sans pose, à hauteur d’Homme, la vie de Toto et de cette famille qui manque de tout, sauf d’humour et d’amour.

L’été 2009, Je voyage dans une région tibétaine de la Chine, le Kham. Le hasard me donne l’opportunité d’assister à une cérémonie funéraire où le corps du défunt est offert en pâture aux vautours. Après avoir hésité, je décide de filmer cette épreuve qu’il me semble nécessaire de vivre. Questionner ma condition de touriste, d’étranger. Ce à quoi j’assiste, appelle des images d’une telle puissance mythique et existentielle qu’un lien profond peu à peu m’attache à ces hommes et à leur gestes immémoriaux, très simples, répétés à l’infini. Le film rend compte de cette expérience, incarne ce qui m’a fait entrevoir un rapport à la mort plus concret et plus existentiel. Ce qui m’a fait passer de l’effroi au deuil, du spectacle au partage. Partage que je prolonge par le dialogue que j’entretiens avec un interlocuteur tibétain au sujet de ces images.

En suivant le parcours de Los Aldeanos, groupe de hip-hop le plus populaire et contestataire de Cuba, Léa Rinaldi dresse une chronique intime d’une nouvelle révolution artistique de l’île, à l’heure de la transition du régime castriste.